Annonce atelier du 10 février 2018

Gîte Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330) Samedi 10 février 2018   Atelier de philosophie plébéienne Atelier… cela veut dire un essai d’abandon de l’autorité du maître et de la posture d’élève au profit d’une tentative de production en commun. Centre de Réflexion et de Documentation sur les Philosophies Plébéiennes de l’association « Voyons où la philo mène… »   La production de l’ignorance 9h Accueil 9h30-11h30 « Avons-nous des trous de savoir ? » Orgest Azizaj  Le statut du savoir a toujours fait question pour l’homme : par rapport à soi-même, par rapport au monde, et par rapport à son être en commun dans la société. Platon se demandait : Qui doit savoir? – soucieux de maintenir dans la cité un partage entre savants et ignorants pour la meilleure gestion des affaires communes. Kant se demandait : Que puis-je savoir? – soucieux de maintenir le partage entre des objets qui relèvent de la connaissance humaine […]


Texte de l’intervention d’Alain Brossat (21,22/10/2017)

“Animal toi-même!”   1- Il me semble que l’une des raisons pour lesquelles on est aujourd’hui, de manière croissante, porté à revenir vers l’animal ou l’animalité, à redécouvrir l’animal en nous-mêmes, à tenter de rétablir des continuités interrompues ou déniées entre domaine humain et domaine animal, est la suivante : nous sommes les contemporains de l’effondrement successif ou simultané de l’ensemble de ces grands projets, certains proprement modernes et d’autres immémoriaux, en Occident du moins, dont le propre était d’être fondés sur ce qu’on pourrait appeler la présomption du purement humain, exclusivement humain et donc d’exclure l’animalité ou bien de la réduire à un rôle subalterne, marginal, instrumental. J’ai ici en tête aussi bien des projets de forme religieuse dans lesquels tout se joue dans la relation entre Dieu et sa créature humaine, des projets dont l’élément ou le milieu privilégié est l’Histoire à laquelle, par définition, les animaux n’ont guère […]


Texte de l’intervention de Séverine Bernard (21,22/10/2017)

  AU PIED ! ASSIS ! ET PAS BOUGER !   Le chien esclave, le chien miroir, le chien utile, le chien substitut. Les attentes quant au choix d’un animal de compagnie et plus précisément d’un chien, sont multiples. Cependant même si la place du canidé est actuellement  ancrée dans les mœurs et dans notre vie quotidienne (vie familiale, publicité, cinéma, littérature…), ne sommes-nous pas en train d’humaniser une espèce ? Digard Jean Pierre écrit par ailleurs : « Après avoir longtemps traité les humains comme des animaux et certains animaux mieux que des humains, il est grand temps de considérer les uns et les autres pour ce qu’ils sont, dans le respect bien compris de la vie et des êtres » (2002 P251) ———————————————————————————————————————— Bonjour à tous, Quand j’ai décidé de faire cette intervention, je me suis d’abord tournée vers mon expérience professionnelle (éleveur de chiens et toiletteuse) mais je me suis aussi […]


Texte de l’intervention de Cédric Cagnat (21,22/10/2017)

Animalité occidentale, Jérusalem & Athènes Constitution d’une catégorie : l’animal-de-l’homme   Soit une citation d’Adorno&Horkheimer[1], tirée de leur Dialectique de la raison, à partir de laquelle je formulerai trois remarques introductives :   Dans l’histoire européenne, l’idée de l’homme s’exprime dans la manière dont on le distingue de l’animal. Le manque de raison de l’animal sert à démontrer la dignité de l’homme. Cette opposition a été prêchée avec tant de constance et d’unanimité par tous les prédécesseurs de la pensée bourgeoise – les anciens Juifs et les Pères de l’Église, puis au Moyen Age et dans les temps modernes – qu’elle fait partie du fond inaliénable de l’anthropologie occidentale comme peu d’autres idées.[2] 1- L’homme se forme une image de lui-même en établissant une discontinuité entre lui et l’animal : l’histoire du rapport homme-animal serait celle d’un dualisme, d’une séparation radicale entre deux formes d’être. C’est ce que l’on appelle la thèse de […]


Carnet de bord de l’atelier des 21 et 22 octobre 2017

Journal de bord week-end sur l’animal, Fertans, les 21 et 22 octobre 2017 par Alain Brossat     Ce que je craignais surtout, en arrivant à Fertans, c’est qu’Estelle refuse de m’inoculer mon vaccin contre la grippe, sous un prétexte ou un autre. Et, accessoirement, de ne pas pouvoir descendre du dortoir le lendemain matin, paralysé par la crise de sciatique que je sentais monter au terme des 500 km de conduite autoroutière en solo. Il y avait bien eu un peu de Maurice Chevalier pour détendre l’atmosphère, sur l’autoradio, trop rapidement suivi par les derniers rebondissements, sur France Info, de la campagne «Balance ton porc ! » qui, prématurément, nous plongeait dans le sujet du week-end. Je n’aimais pas les regards vaguement soupçonneux que me jetaient alors Catherine et Jeanne – à mon âge… C’est dire que les deux ou trois petits verres d’Arbois qui me tendirent les bras à l’arrivée […]


Annonce atelier des 21 et 22 octobre 2017

Gîte Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330)   Samedi 21 et dimanche 22 octobre 2017   Atelier de philosophie plébéienne   Atelier… cela veut dire un essai d’abandon de l’autorité du maître et de la posture d’élève au profit d’une tentative de production en commun. Centre de Documentation et de Réflexion sur les Philosophies Plébéiennes Association « Voyons où la philo mène… » Ouvert à tou(te)s (humains et animaux)   « Faire la bête. La fabrique humaine des animaux »   Il s’agira d’évoquer les manières dont nos rapports utilitaires, alimentaires, affectifs avec les animaux construisent les définitions ou les « essences » que nous leur assignons (ou plutôt auxquelles nous les assignons), avec les prolongements éthiques que ces constructions impliquent. Avec aussi, évidemment, ce que ces rapports disent de nous, qui est contenu dans le premier sens de l’expression « Faire la bête »… Samedi 9h-10h30 « La thèse de l’exception humaine : questions […]


Texte de l’intervention de Joachim Dupuis (10/06/2017)

Conférence Fertans  Que cherche donc à nous inoculer le cinéma ?   Le cas du Blockbuster                                                      Par Joachim Dupuis A Orgest, cinéphile plébéien   [Ce texte reprend d’une manière très libre – en gardant le côté oral – les principales idées développées dans notre conférence à Fertans, le 10 juin 2017, dans le cadre d’un atelier plébéien. C’est volontairement que nous n’avions pas développé dans notre conférence tous les aspects de cette recherche sur le blockbuster, ce qui a pu frustrer une partie de notre public. Nous donnons ici quelques éclairages supplémentaires, mais nous réservons l’essentiel de notre démonstration  pour un futur livre][1]   Le titre de la conférence pose une question qui  semble, au premier abord, dépourvue de sens. Inoculer suggère un cadre d’expérience médicale et une intervention sur le corps d’un individu (être ou animal), en l’occurrence ici les spectateurs des salles de cinéma. Or pour […]


Carnet de bord de l’atelier du 10 juin 2017

    Carnet de bord, FERTANS 9-10-11 Juin 2017 par Joachim Dupuis   Thème :  Sur les sentiers qui bifurquent   Le titre peut sembler énigmatique. Mais c’est une manière très borgésienne de décrire ce qu’est un week-end à Fertans. En l’absence de thème, je me suis concentré sur l‘essence même de ce que Fertans nous fait, fait à chacun. Ayant fait plusieurs week-ends, ce qui m’est apparu, c’est que ce week-end du 9-11 juin avait une couleur, une densité particulière. Le week-end, c’est un moment chaleureux, où les trajectoires de chacun se répondent, et donnent lieu à de nouveaux chemins. Ici ça bifurquait sans cesse ! Les exposés notamment de ce week-end ont parfaitement répondu à cette logique de la bifurcation. Que ce soit l’exposé en forme de fugue de Den qui nous a fait croiser des chemins multiples concernant la question noire : c’est un large spectre de couleurs et d’intensités […]


Annonce atelier 10 juin 2017

Gîte Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330)  Samedi 10 juin 2017  Atelier de philosophie plébéienne  Atelier… cela veut dire un essai d’abandon de l’autorité du maître et de la posture d’élève au profit d’une tentative de production en commun. Centre de Documentation et de Réflexion sur les Philosophies Plébéiennes Association « Voyons où la philo mène… »                                                                                Ouvert à tous   Vendredi 9 juin 19h Spectacle de Théâtre à Besançon « Le grand chariot » par la compagnie « Les Timorés » où jouent deux membres de notre association (Estelle et Romuald). Troupe amateur du foyer psychiatrique « Le Colombier » composée de patient(e)s et d’infirmi(èe)r(e)s. Voir annonce plus bas. Samedi 10 juin  9h15-11h30 « Que cherche donc à nous inoculer le cinéma ?  Le cas du Blockbuster » Joachim Dupuis  Le Blockbuster, souvent réduit à des considérations économiques, illustre pourtant à merveille le fonctionnement biologique du cinéma. Car le cinéma ce n’est pas seulement une affaire […]


Texte de l’intervention de Jose Ignacio Benito Climent (28/01/2017)

  DE LA MACHINE DE GUERRE DELEUZIENNE À LA FIGURE DU GUERRIER TECHNOLOGIQUE CONTEMPORAIN. L’underground de l’éthique du hacker Rébellion dans les réseaux.                                                                                                 José Ignacio Benito Climent   «En ces temps de tromperie, dire la vérité devient un acte révolutionnaire.» Wikileaks   «Vous parlez de la paix et en même temps vous vous préparez pour la guerre.» Midnight Oiol, Blosson and blood1     Dans cette époque où l’ajout d’un préfixe fait exister et d’autres fois, il fait nier des réalités ou des heccéités (toute une journée avec ses petits plaisirs et ses malaises) comme dirait Deleuze. Je tiens à vous remercier tous pour le fait d’être ici, dans le sens heideggérien du terme ainsi que par le fait d’être aussi dans l’au- dehors dont parlait Maurice Blanchot, avec qui j’ai discuté quand nous dénoncions dans la rue la situation actuelle de déclin du statut de la […]


Texte de l’intervention d’Estelle Chauvey (28/01/2017)

PERFORATION CULTURELLE CLANDESTINE     Les carrières parisiennes ont toujours été le lieu de commémorations, rassemblements et ce depuis la période gallo-romaine. La protection des carrières date de Louis XVI, avec la création en 1777 de l’IGC (Inspection Générale des Carrières). 1793 les révolutionnaires ont voulu les reboucher en signe d’opposition au roi. Lieu de messes noires, contrebande…au XIXème siècle. 1944, soulèvement d’insurrection de Paris organisé depuis l’abri des Forces Françaises de l’Intérieur. Durant les années 50-60, les catas furent le théâtre de nombreuses fêtes estudiantines. Interdiction d’y aller depuis l’arrêté du 2/11/1955 qui prohibe donc la fréquentation des carrières. Forte expansion dans les années 70 (personnes marginales, plébéiens ?), en 1983 une étude réalisée par une sociologue Barbara Glowczewski « la cité des cataphiles » donnera donc le nom de cataphiles aux personnes se rendant dans les carrières. Fin des années 90 une vague venue d’outre-atlantique va renommer les cataphiles,  Urban […]


Texte de l’intervention de Philippe Roy (28/01/2017)

Pirates versus limites Commençons par une première déception. Ne comptez pas sur moi pour vous proposer une histoire des pirates, de la piraterie, j’en suis bien incapable. Certes, je m’y suis intéressé en vue de faire cette intervention, pas pour en conter l’histoire, mais pour poser certains problèmes philosophiques et politiques. J’espère que vous me pardonnerez. Ces maigres phrases d’introduction ne sont pas déjà sans poser un problème. Je parle de l’histoire des pirates mais que sont-ils à notre époque où on entend parler de piratage tout azimut. J’en prends pour preuve le début d’un article du juriste Antoine Garapon publié dans la revue Esprit dans un dossier spécial qui s’intitule « De la piraterie aux piratages » (Juillet 2009). C’est dire si la thématique du piratage est devenue à la mode. Il y avait même il y a deux jours (le 26/01/2017) à la bibliothèque du centre Pompidou, une nuit de […]


Lille, 26 janvier 2017 : « Langues, images et gestes plébéiens dans les arts et les politiques contemporains (premiers matériaux de travail) »

Jeudi 26 janvier Maison de la recherche salle F0 42   Langues, images et gestes plébéiens dans les arts et les politiques contemporains (premiers matériaux de travail)   Matin 10h-13h Alain Brossat (philosophe, Université Paris 8), Auto-destitutions patriciennes – Oscar Wilde, Dürrenmatt, Gore Vidal   Giorgio Passerone (Lille 3, Cecille), Du bois de Paris-Vincennes à la new jungle de Calais   Fanny Eouzan (Lille, Cecille) – Stéphane Hervé (Lille), Quelques réflexions sur le fantasme de la plèbe dans le théâtre italien contemporain de 1968 à nos jours     Après-midi 14h-18h Orgest Azizi (Paris), Sous le peuple, la plèbe. Esthétique et politique du corps plébéien   Joachim Dupuis (Lille), Les figures de la plèbe et du plébéien dans les Péplums italiens et américains   Marie Morisset (Lille 3, Cecille), Pasolini et la plèbe. Textes et images   Luca Salza (Lille 3, Cecille), Les cris plébéiens: désertions et insubordination lors de […]


Annonce atelier 28 janvier 2017

Gîte Le Closet Fertans (17-19 gde rue, 25330)  Samedi 28 janvier 2017  Atelier de philosophie plébéienne  Atelier… cela veut dire un essai d’abandon de l’autorité du maître et de la posture d’élève au profit d’une tentative de production en commun. Centre de Documentation et de Réflexion sur les Philosophies Plébéiennes Association « Voyons où la philo mène… » Ouvert à tous   « Pirateries et clandestinités »   « On trouve au travail un être  » souterrain « , de ceux qui forent, qui sapent, qui minent. » (Nietzsche, Aurore) Forer le sol, bâtir des passages (le plus souvent secrets) ; déplier-déployer de nouveaux espaces, transpercer le temps ; hisser la grande voile et le Jolly Roger ou descendre dans les profondeurs, passer de l’autre côté, du décor, de l’écran (de cinéma, d’ordinateur, underground des hackers) ; labyrinthes de labyrinthes à n dimensions, repoussant les limites, sans nomos. Masqués, invisibles, fantasmés et réels, ce sont des déterritoires, des hydrarchies, des îles enchantées… « Réels sans […]


Compte-rendu de l’AG de « Voyons où la philo mène… » du 16/10/2016

Compte-rendu de l’AG annuelle de  « Voyons où la philo mène… » du 16/10/2016 tenue au gîte Le Closet de Fertans (25) (Rédigé par Philippe Roy) Participants : Azizaj Orgest Bernard Claude Bernard Séverine Bonnet Philippe Brossat Alain Chauvey Estelle Gloriod Romuald Roy Philippe   Début 9h30 Estelle Chauvey, trésorière de l’association, a tout d’abord fait le bilan financier de l’année 2016. Il reste positif. Il sera établi précisément en fin d’année. Nous sommes dans l’incertitude au sujet d’une reconduction de la subvention de la DRAC à cause de la fusion entre les régions Bourgogne et de la Franche-Comté (ré-organisation des services). C’est la raison pour laquelle il a été décidé d’augmenter un peu nos tarifs en guise d’auto-subvention. On demandera 30 € pour la journée et 75 € le week-end (sauf pour les enfants, étudiants et chômeurs). Cette année nous avons organisé trois ateliers : – le 6 février « De la plèbe au corps ? De […]


Texte de l’intervention de Alain Brossat (15/10/2016)

Pour une politique plébéienne   Quand je parle de la plèbe, de la figure du plébéien, je suis toujours porté par tempérament à mettre en avant des gestes, des conduites, des attitudes ou des mots qui se rattachent au grand motif du soulèvement, du refus, de la rébellion. Je voudrais essayer, dans cet exposé, d’envisager une hypothétique politique plébéienne non seulement sous un autre angle mais carrément en adoptant l’angle opposé, ou bien, en termes de dépense, en envisageant les effets d’une inversion d’énergie dans la mise en application de ce que seraient ces fameux gestes, conduites, attitudes, voire actions plébéiens. Mon angle sera donc ici plutôt celui de ce que l’on pourrait appeler l’échappée ou la dé-prise que celui de l’affrontement. Je remarque en passant que le grand motif (foucaldien) devenu un peu nébuleux à force d’avoir trop servi, le motif général de la résistance, peut se décliner aussi […]


Texte de l’intervention de Luca Salza (15/10/2016)

Luca Salza, Le murmure des plébéiens déserteurs dans la Grande Guerre   La désertion est une épreuve rude, la conscience de vivre dans un monde infâme. Errer, sortir, broyer du noir dans le désert signifie, avant toute chose, savoir qu’on piétine des villages détruits et des soldats morts lorsqu’on se promène dans les campagnes françaises. C’est également la conscience de respirer du gaz mortifère dans les plaines belges. La Grande Guerre ce sont les jours où l’humanité prend définitivement la forme de l’horreur. Les coups des fusils, les obus, les gaz, les lance-flammes – la démesure entre ces forces de destruction et le petit corps frêle de l’homme – incarnent l’horreur de la Grande Guerre. Mais la tentative de s’adapter à ces forces de destruction, à chercher à vivre avec elles, à pactiser avec elles, comme si elles étaient des objets comme les autres, est aussi une forme de l’horreur. […]